Vingt-cinq ans sur vingt
(souvenirs de la création et de la formation de l’Union des designers de Moldavie)
Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis la création de l’Union des designers de Moldavie. Durant ce temps, l’État de l’URSS, qui avait créé cette Union créative, a eu le temps de disparaître. Le siècle qui a marqué la naissance d’une profession aussi véritablement importante que celle de « designer » s’en est allé ; avec lui, nous avons perdu nombre de nos collègues qui se tenaient aux origines du design soviétique, républicain et postsoviétique. Cependant, les fondements qu’ils avaient posés dans les fondations de l’édifice du « design » se sont révélés solides et justes. L’homme moderne voue un culte au design sous toutes ses formes : mode, intérieur, automobile, etc. Ce ne sont plus les beaux-arts, le cinéma ou la télévision qui prédominent aujourd’hui ; c’est précisément le design qui constitue « le plus important de tous les arts ». Il vit dans le temps et dans l’espace : il s’est emparé de l’architecture, a pénétré le théâtre et la littérature, s’est introduit dans l’économie et la communication quotidienne. Ce n’est plus l’ancienne conception artistique, c’est une attitude envers la vie moderne. Le design est la marque du temps. Le design est un phénomène de la culture contemporaine, un signe de mouvement et de transformations.
Ces vingt-cinq années écoulées, en notre époque troublée, où l’attitude envers la profession change rapidement et où les formats de l’art sont révisés, constituent un grand parcours, une grande école de formation.
Les Unions créatives créées à différentes époques étaient conçues comme des auxiliaires idéologiques de l’État soviétique (l’Union des architectes de l’URSS en 1932, l’Union des écrivains de l’URSS en 1934, l’Union des cinéastes en 1957, etc.).
À l’époque de la « perestroïka », la question de la création de nouveaux produits industriels, de biens compétitifs et de leur emballage s’est posée avec acuité. Il fallait des spécialistes travaillant de manière ciblée dans ces domaines, et le Comité central du PCUS adopte, le 15 mai 1986, une résolution (sans large publication) sur l’organisation de l’Union des designers de l’URSS. Le Comité d’État de l’URSS pour la science et la technique publie, le 18 juillet 1986, la résolution n° 324 « Sur l’organisation de l’Union des designers de l’URSS » ; un Comité d’organisation est formé sous la présidence de Iou. B. Soloviev, directeur de l’Institut scientifique de recherche de toute l’Union d’esthétique technique. À cette époque, l’esthétique technique était le nom voilé du design soviétique.
Tous les documents furent envoyés aux Républiques de l’Union. Des comités d’organisation furent créés sur place et, le 7 mars 1987, la Première Conférence (d’organisation) des designers de Moldavie se tint à Chișinău. Sa mission consistait à désigner les délégués au congrès constitutif de l’Union des designers de l’URSS.
Ont été proposés :
Klimov A. - artiste en chef du combinat de tapis d’Ungheni
Melnik Iou. - directeur adjoint de NOTiU
Mitchri A. - chef du bureau de conception et technique de l’Association de production « Vibropribor », ville de Chișinău
Roussanov V. - chef du secteur d’esthétique technique de l’Association de production moldave « Toçlitmaş », ville de Tiraspol
Titarev Iou. - artiste en chef de l’Association scientifique de production « Moldavproektmebel »
Troïtskaïa T. - directrice artistique principale de la Maison des modèles de Chișinău
Fedorenko A. - directrice artistique principale de la Maison républicaine des modèles.
Les 3 et 4 avril 1987, le Congrès constitutif de l’Union des designers de l’URSS se tint dans la Salle des colonnes de la Maison des syndicats à Moscou. Il réunit 615 délégués et 500 invités de différentes républiques fédérées. Toutes les branches de l’industrie ainsi que diverses orientations de l’activité de conception et de recherche en design y étaient représentées.
Le président du Comité d’organisation de l’Union des designers de l’URSS, Iou. B. Soloviev, présenta un rapport intitulé « Sur les missions de l’Union des designers de l’URSS ». Au cours des débats, les statuts de l’Union furent approuvés et il fut décidé de considérer les délégués du congrès comme ses premiers membres, en tant que représentants les plus autorisés du design soviétique.
Lors du congrès furent élus les organes dirigeants de l’Union des designers de l’URSS : un conseil d’administration composé de 92 personnes et une commission centrale de révision.
Le 4 avril se tint le plénum d’organisation, au cours duquel furent élus à l’unanimité le président du conseil d’administration de l’Union des designers de l’URSS, le camarade Soloviev Iou. B., ainsi que les secrétaires du conseil : Andreïeva I. A., Bobykine A. L., Zaïtsev I. A., Kvassov A. S., Mouraviov V. S., Olchanetski A. S., Rounge V. F., Fiodorov V. K.
C’étaient les professionnels du design les plus connus et les plus respectés de l’Union soviétique.
À la suite du congrès constitutif, les républiques procédèrent à l’admission de membres dans l’Union des designers de l’URSS. Du 23 au 25 décembre 1987, la première exposition républicaine de design se tint à Chișinău ; sur la base des œuvres qui y furent présentées, 29 personnes furent admises à l’Union. J’ai eu l’occasion d’exposer à cette exposition et d’adhérer à l’Union des designers de l’URSS.
Une préparation active du Congrès constitutif républicain commença. Et le 20 février 1988, le congrès constitutif (ou premier) de l’Union des designers de Moldavie se tint dans la salle de conférence du salon « Intérieur ». Une exposition fut de nouveau installée dans le foyer, mais elle réunissait déjà les membres de l’Union. Le congrès accueillit des invités de différents rangs venus de Moscou et des dirigeants de subdivisions républicaines, qui considéraient avec étonnement les réalisations de la république dans le domaine du design. Le secrétaire du conseil d’administration, candidat en histoire de l’art spécialisé en esthétique technique, Vladimir Fiodorovitch Rounge, ainsi que le membre du conseil, académicien de l’Académie russe de l’éducation, Vladimir Mikhaïlovitch Mounipov, apportèrent une contribution substantielle à l’organisation de notre Union. L’exposition présentait des réalisations testées et protégées par des droits d’auteur.
Au cours du congrès furent élus un conseil d’administration de neuf personnes et une commission de révision. Lors du plénum qui suivit, Iouri Titarev fut élu premier secrétaire de l’Union des designers de Moldavie.
Le secrétariat se composait de : Iouri Ambros, Iouri Melnik, Alexandre Mitchri et Tatiana Troïtskaïa. Ont intégré le conseil d’administration selon différents domaines d’activité : Anatoli Klimov, Anna Fedorenko, Vladimir Chachkov et moi, Grigori Bosenko. Le domaine dans lequel il me revenait de travailler était l’enseignement du design. À la même époque, la « faculté artistique » ouvrit auprès de l’Institut des arts, où il n’existait qu’une seule spécialité relevant de notre domaine : « Intérieur et équipement ». J’y enseignais alors. Par la suite, une autre discipline fut ouverte pendant une courte période : « Design graphique ». Jusqu’à présent, la république manque catastrophiquement de spécialistes du graphisme, mais personne ne les forme.
Afin d’assurer l’activité statutaire, il était nécessaire de créer une unité de production. En mars de la même année, le « Fonds du design » fut enregistré auprès de l’Union des designers, une entreprise analogue à celles qui existaient auprès d’autres unions créatives et qui, peu après, se discrédita à tous égards. Il fut décidé de la reconfigurer en Association créative et de production « Fonds du design de Moldavie ». Tout partait de « zéro » et fut créé grâce aux grands efforts des designers.
L’une des manifestations d’envergure, menée avec succès par le conseil d’administration de l’Union, fut le Premier séminaire de toute l’Union « Design et enfants », qui se déroula à Chișinău du 29 mai au 2 juin 1989.
Le séminaire réunit les dirigeants de toutes les républiques et donna une idée du design moldave.
La coopération entre l’appareil du conseil d’administration de l’Union et le Fonds du design ne se mettait pas en place. Tout piétinait, et le 27 février 1990, lors du plénum de l’Union des designers de Moldavie, G. Bosenko fut élu président du conseil d’administration de l’Union des designers. Puis la Conférence, investie des droits d’un congrès, entendit son programme pour la promotion de l’Union et de ses subdivisions et approuva sa candidature. La « perestroïka » touchait à sa fin, ce qui se ressentait dans tous les domaines de notre vie. Bien que notre conservateur du département du Conseil des ministres fût présent à la Conférence, je fus élu premier dirigeant d’une union créative de la république qui ne fût pas membre du parti communiste.
À partir de ce moment et jusqu’en décembre 2009, j’ai étroitement lié ma vie à cette organisation publique.
L’Union des designers, à la différence des autres Unions créatives, coopérait avec différents ministères et leur était subordonnée (par la suite, nous avons été rattachés au ministère de la Culture). Nous dépendions d’eux et il devenait de plus en plus difficile de travailler. La confusion législative et le passage aux relations de marché exigeaient d’autres approches de l’économie de survie et de préservation du potentiel créatif de l’organisation. Quelle que fût la justesse des critiques adressées au secrétariat et au conseil d’administration, il faut rendre hommage au travail d’organisation accompli par l’appareil du conseil : le système contractuel fonctionnait au Fonds, de nouveaux designers adhéraient à l’Union, des possibilités de missions créatives étaient recherchées. Et cela dans un contexte d’absence de l’expérience nécessaire de direction d’une organisation publique dans les nouvelles conditions et d’absence de mécanismes régulant les intérêts de l’Union des designers dans la République.
Après avoir affirmé l’existence de l’Union des designers, il fallait repérer les créateurs potentiels et les intégrer à notre organisation. La commission d’admission assuma cette tâche fastidieuse et responsable, jouant ainsi un rôle important dans la formation de l’Union à cette période. Des subdivisions régionales de l’Union des designers commencèrent à être créées dans les villes à l’industrie développée. Ainsi, à Tiraspol, un important travail, dirigé par le secrétaire du conseil Iou. D. Melnik, fut mené en vue de créer l’organisation municipale de l’« Union des designers de Moldavie ». Le 20 novembre 1990, lors d’une réunion convoquée à cet effet, le président du conseil d’administration de cette organisation fut élu à l’unanimité. Il s’agissait d’Artour Evdokimov. L’Union acquérait un nouveau statut et exigeait en conséquence de nouvelles relations économiques. Il devint nécessaire de créer des organisations créatives et de production indépendantes, dirigées par des membres de l’Union. La direction de la République autorisa leur enregistrement auprès de l’Union et leur rattachement en tant que subdivisions. Environ vingt organisations de ce type furent créées, telles que les studios de design « AMBROS » et « Galanin », la société « Linia-T », le centre de publicité et d’édition « MAKO », etc. Des commandes furent passées, un intérêt pour la création indépendante apparut, et la vie financière de l’organisation publique s’anima.
Mais à peine avions-nous réussi à organiser le travail et à nous engager sur les « rails créatifs » qu’en novembre 1991, de nouveau en Biélorussie, près de Minsk, à Raubitchi, se tint le dernier plénum du Conseil de l’Union des designers de l’URSS, qui décida de préserver l’unité de l’Union, indépendamment des conséquences politiques d’une éventuelle dissolution de l’URSS.
Conformément à cette décision, une Conférence constitutive se tint dès janvier 1992, qui réorganisa l’Union des designers de l’URSS en Association internationale « Union des designers » (nous y avons également adhéré, mais seulement en 2000).
Dans les conditions de l’effondrement de l’économie et de l’absence de commandes sociales de design, il était nécessaire de s’unir afin de préserver notre profession et d’assurer son avenir. Pour la majorité des personnes réfléchies, non contaminées par le virus de l’extrémisme et de la « réunionite » irresponsable, cette position était évidente. En raison des circonstances et de la pseudo-souveraineté, nous renonçons à une grande organisation créative unifiée de designers, où il était possible de communiquer et de se développer. Nous décidons d’avancer seuls, isolément.
Après un long travail avec des juristes, le IIe congrès de l’Union des designers de Moldavie (constitutif) se tint à Chișinău le 11 janvier 1992, sous la nouvelle dénomination Uniunea Designerilor din Republica Moldova. Les délégués du congrès décidèrent de créer l’« Union des designers de la République de Moldavie ». Elle devint le successeur légal de la section moldave de l’Union des designers de l’URSS et une formation publique indépendante.
Lors du congrès furent approuvés les Statuts, enregistrés par le ministère de la Justice de la République de Moldavie le 1er janvier 1993.
Compte tenu de l’absence d’industrie dans la République, les subdivisions créatives furent constituées de : design graphique et publicité, design environnemental, design de vêtements, textile et accessoires.
Conformément aux nouveaux Statuts, les délégués élisaient au suffrage direct le Président et le vice-président de l’Union. Ils furent respectivement : Grigori Bosenko et Iouri Melnik.
La définition initiale de l’Union des designers de Moldavie en tant qu’organisation créative volontaire fonctionnant en autonomie financière intégrale et par autofinancement obligea le conseil d’administration de l’Union à se consacrer à une activité économique peu familière et, à bien des égards, entravant la création. La confusion de la base législative, l’introduction dans les échanges économiques de nouvelles formes de propriété, l’absence de capital « initial » pour une organisation postsoviétique indépendante et des locaux loués en vertu d’une décision d’un Conseil des ministres inexistant compliquaient fortement l’activité de notre organisation. Les autres Unions créatives héritèrent de l’URSS de surfaces (hôtels particuliers) ; les écrivains, les artistes, les compositeurs, etc. C’est précisément dans ce domaine que surgit le plus grand nombre de problèmes et de conflits.
Dans ce contexte, les dirigeants des subdivisions récemment créées de l’Union des designers de Moldavie les transformèrent en « organisations ayant une valeur en soi » et tentèrent d’imposer au conseil leurs propres règles du jeu. Cela fut la cause principale de l’état insatisfaisant de l’activité de production et économique de l’organisation et entrava la poursuite du travail déclaré. À cette époque, le ministère de la Culture ne soutenait pas l’Union des designers.
Depuis la position d’aujourd’hui, il est très facile de critiquer tant les Statuts de l’Union des designers que les structures créées et notre situation économique. Mais, à mon avis, ce n’est pas tant la critique que l’analyse et la prévision de la situation qui apportent un bénéfice réel.
L’essentiel de ce que j’avais promis lors de mon élection : la reconnaissance du statut de designer ; la reconnaissance de la profession au niveau de l’État ; le perfectionnement professionnel - séminaires, expositions, voyages touristiques ; la reconnaissance de la spécialité « Design » dans l’enseignement supérieur (cela s’est reflété avec retard — dans la loi n° 142-XVI du 07.07.2005) - fut accompli.
Le chemin fut long et difficile, mais aujourd’hui chacun sait qu’il existe un design et des designers.
À cette époque, l’organisation comptait déjà environ cent personnes.
Avec le déclin de l’économie dans la République, les groupes de design dans les entreprises furent les premiers à être supprimés.
Une part importante des spécialistes se consacra à l’aménagement d’intérieurs ; d’autres - se sont assis devant des ordinateurs et se sont mis à travailler dans le domaine du design graphique et de la publicité. Ce domaine d’activité prit rapidement de l’essor, les spécialistes étaient recherchés et y réussirent beaucoup. Nos designers élaborèrent les premiers timbres-poste, signes monétaires, logos et identités visuelles de banques, d’entreprises et d’organisations, de subdivisions de la culture, de festivals et d’expositions. Un intérêt pour le design apparut chez un groupe de jeunes professionnellement orientés : stylistes de mode, artistes du cuir et de la chaussure, stylistes et photographes. Les candidats commencèrent à être admis dans l’Union. Les membres de l’organisation s’unissaient, créaient des studios et des entreprises de design. Par leur activité, il s’agissait d’organisations de conception, artistiques et de production, assurant une production unitaire ou de petites séries. Une certaine « effervescence » commença à être observée dans le design. À la différence de nombreuses organisations créatives postsoviétiques, l’Union républicaine des designers vivait et ses membres étaient recherchés. L’époque exigeait un milieu professionnel avec ses propres critères et motivations de comportement. L’Union, qui ne disposait d’aucune base, avait besoin d’« organisation » et de croissance créative. Il était nécessaire de tenir des séminaires éducatifs sur le thème de la « Propriété intellectuelle », des tables rondes sur l’état contemporain de tous les niveaux du design à cette époque, d’organiser des expositions et d’y présenter les œuvres des membres de l’Union. Tout cela fut fait.
Chacune des expositions organisées bénéficia d’un soutien assez large de la presse, et les reportages des vernissages furent diffusés à la télévision. Tout cela stimula considérablement le développement du design dans la république.
Le conseil d’administration menait une politique concertée sur les questions touchant aux intérêts de l’Union et des designers. Le travail régulier de ses membres dans les jurys de concours internationaux se tenant en Moldavie dans diverses orientations du design, ainsi que les invitations qu’ils recevaient à participer à des expositions et festivals internationaux, témoignaient de l’autorité croissante de l’organisation à cette époque. Les membres de l’Union commencèrent à intégrer les groupes d’experts républicains.
À la fin des années quatre-vingt-dix vint le moment de faire progresser non seulement l’autorité de l’Union, non seulement le travail organisationnel et public de ses membres, mais aussi leur activité professionnelle. Au quatrième congrès de l’Union des designers de Moldavie, en décembre 1998, j’ai exposé, en vue de leur étude et de leur réalisation pour le développement ultérieur du design, les orientations nécessaires :
- avant tout, la création d’une école nationale de design, ainsi qu’un enseignement alternatif du design ;
- la protection des droits professionnels et créatifs des designers ;
élaboration et concertation de tarifs « de marché » pour l’exécution de commandes créatives ;
mise à disposition d’ateliers créatifs pour les membres de l’Union des designers qui en ont besoin ;
garantie de certains avantages sociaux et économiques par l’intermédiaire des lois, décrets et résolutions appropriés ;
satisfaction des besoins des membres de l’Union des designers dans les domaines culturel et créatif (Maisons des designers, bases créatives, etc.).
Il fut décidé d’élargir les appellations des sections d’orientations professionnelles, dictées par l’activité pratique :
- design informatique ;
- design publicitaire ;
- photodesign et photographie publicitaire ;
- design paysager et phytodesign ;
- histoire et théorie du design
Les événements dans la république ne favorisèrent pas la réalisation de ces projets, malgré les appels répétés ou les promesses (je ne suis pas au courant) formulées lors des rencontres avec la direction de la République.
La seule réalisation dans le cadre de la législation fut la privatisation des ateliers créatifs situés dans le parc de logements. Trois organisations créatives participèrent conjointement à ce processus : l’Union des architectes, l’Union des designers et l’Union des artistes.
La question de l’octroi de licences pour l’activité de design au sein de l’Union correspondante devenait pressante. La licence devait confirmer la qualification et attester les droits à une activité indépendante de conception et à la direction d’un collectif créatif. Un soutien puissant était nécessaire. Afin de l’obtenir, le 17 mars 2000, l’Union des designers de Moldavie adhéra à l’Association internationale « Union des designers », dont le siège se trouve à Moscou.
L’Association internationale « Union des designers » était membre du Conseil pour la coopération culturelle des États participants à la Communauté des États indépendants. Depuis 1997, l’Association internationale « Union des designers » est membre de l’ICSID.
Cette organisation fut créée en 1957 sous le nom de Conseil international du design industriel, avec siège à Helsinki (Finlande). Elle mène des actions conjointes avec l’ICOGRADA (Conseil international du design graphique) et l’IFI (Association internationale du design environnemental). Elle réunit 148 organisations de design de plus de 50 pays du monde.
Depuis notre adhésion à l’Association internationale « Union des designers », nous avons bénéficié d’un soutien informationnel sur les questions du développement du design et obtenu la possibilité de participer à des expositions et concours, à des conférences et séminaires.
Un résultat révélateur du professionnalisme créatif de nos designers fut leur participation, en 2001, à l’exposition internationale « Interdesign », où nous avons obtenu un diplôme et le « Globe de cristal ». Notre vie s’anima, nous étions constamment invités aux conférences scientifiques, aux expositions et à toutes les manifestations internationales de l’Association.
Grâce aux efforts de la direction de l’Association internationale « Union des designers », en mai 1997, une section « Design artistique et industriel » fut enregistrée auprès du ministère de la Justice de la Fédération de Russie au sein de l’Académie internationale des sciences de la nature et de la société. L’Académie internationale des sciences de la nature et de la société réunit des scientifiques et des spécialistes éminents et faisant autorité de la Fédération de Russie et de pays étrangers dans le domaine du design. La direction de la section comprenait des membres titulaires de l’Académie : V. V. Senkovski - académicien-secrétaire de la Section, V. F. Rounge - secrétaire scientifique, vice-président de l’Association internationale « Union des designers », I. A. Zaïtsev - président de l’Association internationale « Union des designers », A. V. Efimov - vice-président de l’Association internationale, artiste en chef de Moscou, L. A. Kouzmïtchev - directeur de l’Institut scientifique de recherche de toute l’Union d’esthétique technique, V. T. Chimko - professeur de l’Institut d’architecture de Moscou, A. S. Plakhti, président de la section de Moscou de l’Association internationale « Union des designers ».
En 2000, il me fut proposé de préparer des documents sur mon œuvre en vue de mon admission à l’Académie. Les documents furent examinés et approuvés. Depuis cette année, je suis membre correspondant de l’Académie internationale des sciences de la nature et de la société, section « Design artistique et industriel ».
Dans les années deux mille, une section de design ouvrit à l’Académie russe des beaux-arts ; un grand mérite en revient au président de l’Académie, Z. K. Tsereteli.
Le VIe congrès de l’Union des designers de la République de Moldavie, qui se tint à Chișinău le 24 octobre 2003, institua le statut de membre honoraire au sein de notre Union. Les premiers designers à recevoir le diplôme de « Membre honoraire de l’Union des designers de Moldavie » furent : Melnik Iou., Pantchenko L., Fedorenko A. — pour leur grande contribution au développement du design de la république.
La même année parut la première publication imprimée - « 15 design.md » (Union des designers de Moldavie. 15 ans).
L’Union commença à coopérer activement avec tous les salons-magasins, à se familiariser avec les nouvelles collections des usines d’Europe, qui répondaient à des exigences élevées de qualité et d’esthétique.
En 2005 eut lieu la Première exposition-concours républicaine « Design-Interior », qui est devenue traditionnelle depuis lors. En 2007 fut lancé le concours professionnel de jeunes designers de mode « Art Podium ». Dans les sections, des événements intéressants, attirant les collègues, se produisaient et se produisent constamment.
Pour la poursuite de la vie de l’Union, il est nécessaire de la faire progressivement passer au format de fonctionnement d’un Club, où doivent avoir lieu les échanges entre professionnels, des expositions et des séminaires, où les professionnels auront la possibilité de se familiariser avec les tendances du design, les modèles les plus récents de mobilier et d’équipement, les matériaux de finition, etc.
Pour tous ceux qui souhaitent acquérir des connaissances et des compétences dans différents domaines du design, des cours de perfectionnement doivent fonctionner au sein du club de design.
Les cours doivent être dispensés par des membres hautement qualifiés des Unions des designers et des architectes, des enseignants professionnels, des historiens de l’art et des spécialistes dotés d’une grande expérience pratique, jouissant d’une autorité dans le pays et à l’étranger.
Une « Bibliothèque du club de design » doit fonctionner ici ; elle doit disposer d’un vaste choix de littérature (nationale et étrangère), de catalogues audio et vidéo, de brochures d’entreprises, etc.
D’autres formes d’activité organisationnelle et créative doivent apparaître. L’Union doit avoir la possibilité d’un regroupement nouveau, alternatif. De nombreux membres de l’organisation publique, en raison de diverses circonstances, sont restés en dehors des intérêts de l’Union et, par conséquent, sont passifs et indifférents au sort et à la vie de cette organisation publique. Le club de design doit également en tenir compte. Malheureusement, le changement de situation est entravé par la législation en vigueur, où les Unions créatives conservent les priorités soviétiques, oubliant qu’elles ne sont plus des porte-voix idéologiques.
Le 5 décembre 2009 se tint le VIIe congrès de l’Union des designers de la République de Moldavie. À ce moment-là, 76 membres étaient inscrits à l’Union des designers de Moldavie. J’étais à la « barre » de l’organisation depuis vingt ans moins deux mois. J’ai fait ce que je pouvais, j’ai préservé ce que je pouvais. Ce fut particulièrement difficile durant les années de déchaînement de la « post-perestroïka ». Il y eut des partisans et des assistants fiables, qu’il est impossible de ne pas rappeler : Iouri Danilovitch Melnik et Alexandre Mikhaïlovitch Mitchri. Malheureusement, ils ne sont plus là, non seulement dans notre organisation, mais aussi dans cette vie. Au VIIe congrès, j’ai remis la direction à un jeune conseil d’administration. On m’a attribué le titre de « Président honoraire de l’Union des designers de la République de Moldavie ». Mon successeur fut mon élève, collègue, designer talentueux - Sviatoslav Tiron. Je continue à être membre du conseil de coordination de l’Union internationale des designers. De l’extérieur, je soutiens le prestige et l’autorité de cette organisation publique. Et je réfléchis constamment à ce que sera l’Union et à la possibilité d’un développement libre du design ?